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Audrey DepuydtCoach reconversion · Wavre

Quitter la pharma ou le labo : les métiers où vos compétences valent de l’or

Restructurations, horaires en pauses, pression réglementaire : beaucoup de professionnels de la pharma et des labos du Brabant wallon pensent à changer de voie, sans voir vers quoi aller. Voici ce que vos compétences valent vraiment, et les passerelles qui existent, dans le secteur et en dehors.

Un secteur qui recrute… et qui use

Le Brabant wallon est le cœur pharmaceutique de la Wallonie. Selon le Forem, le secteur pharma, chimie et plastique comptait 30 309 postes salariés en Wallonie en 2024, et c’est le Brabant wallon qui concentre la pharmacie. L’emploi y a progressé entre 2020 et 2024, porté par l’industrie pharmaceutique. Source : Le Forem.

Mais le même Forem décrit une croissance « contrastée » : réorganisations, concurrence internationale et résultats d’essais cliniques pèsent sur l’emploi, et les perspectives de recrutement sont revues à la baisse pour 2026. Au niveau belge, la fédération Essenscia a fait état de pertes d’emplois dans la chimie et la pharma en 2025. Source : VRT.

Si vous travaillez en production, au laboratoire, en qualité ou en validation, vous connaissez la suite : les annonces de restructuration, les horaires en pauses, la pression réglementaire, et parfois l’impression d’être enfermé·e dans un poste si spécialisé qu’on ne voit plus ce qu’on pourrait faire ailleurs. C’est précisément cette impression qu’il faut questionner.

Ce que vous savez faire vaut bien plus que votre fiche de poste

Quelques années en environnement pharmaceutique vous ont appris des choses que beaucoup d’employeurs, dans d’autres secteurs, peinent à trouver. Traduites hors du jargon, elles ressemblent à ceci :

  • Travailler dans un cadre exigeant et documenté : les BPF (GMP), les procédures, la traçabilité. Ailleurs, on appelle ça la rigueur et la fiabilité.
  • Analyser un problème et le corriger durablement : déviations, investigations, CAPA. C’est de l’amélioration continue et de la résolution de problèmes, recherchées partout.
  • Préparer et vivre des audits et des inspections : savoir rendre des comptes, argumenter, tenir un dossier.
  • Former et accompagner des équipes : transmettre une bonne pratique à des opérateurs, faire évoluer des habitudes.
  • Coordonner des services qui ne parlent pas la même langue : production, qualité, technique, validation. C’est de la gestion de projet et de la communication transversale.
  • Garder son sang-froid sous pression : un lot bloqué, une libération urgente, une alarme. Rares sont les métiers qui exigent autant de calme.

Le premier travail d’une reconversion depuis la pharma est souvent celui-là : réécrire son parcours avec ces mots-là, pour soi d’abord, pour un recruteur ensuite.

Changer de métier sans quitter le secteur

Une reconversion n’est pas forcément un grand saut. Pour beaucoup, la bonne réponse est un changement de rôle, dans le même univers, qui garde le meilleur et enlève ce qui use. Quelques passerelles fréquentes :

  • De la production ou du labo vers la qualité (assurance qualité, qualité fournisseurs, revue de documents), ou l’inverse.
  • Vers la validation et la qualification, ou vers les affaires réglementaires, plus orientées dossiers et moins terrain.
  • Vers la formation : formateur ou formatrice BPF, accompagnement des nouveaux opérateurs, e-learning.
  • Vers la gestion de projet ou l’amélioration continue : le Forem cite d’ailleurs le métier de « chargé de projets en industrie » parmi les métiers en pénurie du secteur.
  • Vers la supply chain, les données ou le digital, en plein essor avec l’automatisation des sites.

Certaines de ces fonctions demandent une formation complémentaire ; d’autres s’ouvrent par mobilité interne, à condition d’oser en parler et de préparer le terrain.

Sortir du secteur : où vos compétences sont attendues

Si c’est l’univers pharmaceutique lui-même qui ne vous convient plus, vos compétences se transposent dans des secteurs voisins ou très différents :

  • L’agroalimentaire, la cosmétique, les dispositifs médicaux : mêmes logiques de qualité et de réglementation, souvent dans des structures plus petites.
  • Les hôpitaux et le secteur de la santé : qualité des soins, accréditation, gestion des risques. Le Forem classe d’ailleurs plusieurs métiers de la santé parmi les métiers en pénurie en 2026, dont pharmacien, assistant pharmaceutico-technique et infirmier. Source : Le Forem.
  • Le conseil et l’audit, pour celles et ceux qui aiment voir plusieurs entreprises et diagnostiquer.
  • La formation d’adultes et l’enseignement des sciences, pour qui aime transmettre.
  • La prévention et la sécurité au travail, l’environnement, des domaines où la rigueur réglementaire est un atout, avec une formation spécifique à la clé.
  • Des métiers sans lien apparent, quand l’envie est ailleurs : ce sont alors vos compétences transversales, plus que vos connaissances techniques, qui font le pont.

Les pièges à éviter

  • Décider dans l’urgence d’une restructuration. Une annonce de plan social pousse à agir vite. C’est justement le moment de réfléchir, pas de signer pour la première formation venue. Renseignez-vous auprès de vos représentants du personnel sur l’accompagnement prévu : selon votre situation (âge, préavis, licenciement collectif), un accompagnement de reclassement peut être organisé.
  • Sous-estimer ce que vous savez faire parce que « tout le monde fait ça ici ». Hors de la pharma, ce n’est pas le cas.
  • Choisir un nouveau métier sur sa vitrine. Parlez à au moins deux personnes qui l’exercent avant d’investir dans une formation.
  • Rester seul·e avec la question pendant des années, en attendant le bon moment. Il arrive rarement tout seul.

Par où commencer, concrètement

Commencez par faire le tri : ce qui vous pèse tient-il au métier, à l’entreprise, au poste ou aux horaires ? La réponse change tout. Listez ensuite cinq réussites professionnelles et les compétences qu’elles révèlent. Puis choisissez deux pistes, et confrontez-les au réel en rencontrant des gens qui les vivent. Le guide gratuit des 7 questions vous accompagne pas à pas, et le test de reconversion vous dit en trois minutes où vous en êtes.

J’ai moi-même longtemps travaillé dans l’industrie, et je connais ce milieu de l’intérieur. Si vous voulez en parler, le premier échange est gratuit, au cabinet à Wavre ou en visio.

Et si on en parlait ?

Le premier échange dure 30 minutes, il est gratuit et sans engagement. Vous repartez au minimum avec une piste concrète.

Premier échange gratuit